Selection équipe de france

Interview de Frédéric Moncassin : "l'équipe de France sera composée de gars qui passent les bosses et qui vont vite au sprint."


Sélectionneur de l'équipe de France depuis les Jeux Olympiques d'Athènes en 2004, le Toulousain Frédéric Moncassin sera à nouveau en charge, cette année, de sélectionner les neuf éléments de l'équipe de France. A trois mois des Championnats du Monde de Salzbourg, l'ancien sprinter a profité des Championnats de France et du rassemblement des coureurs Français à Chantonnay pour commencer à édifier une présélection qui s'affinera ces prochaines semaines pendant le Tour de France.

Frédéric, les Championnats du Monde auront lieu dans trois mois. Avez-vous reconnu le parcours de Salzbourg ?
"Oui, nous sommes allés le reconnaître en février. C'est un circuit qui sera assez ouvert, un peu comme celui des

Championnats de France mais en plus difficile. Il y a une bosse d'à peu près un kilomètre qui est très large et pas très raide. Mais après par contre il y a un bon raidard de 600 mètres et on ne bascule pas au sommet, on reste sur une crête qui sera pas mal exposée au vent et où il y a trois petits talus qui permettront encore de faire la différence si jamais ça attaque. Après, il y a beaucoup de récupération pour revenir sur Salzbourg. Huit kilomètres de descente et de ville pour récupérer et permettre peut-être une arrivée au sprint avec un bon groupe à l'arrivée. Je pense qu'on aura sûrement une arrivée groupée."

Vous envisagez donc un sprint massif au Championnat du Monde ?
"Je pense qu'il y aura un sprint, ou alors un groupe de baroudeurs. Je pense surtout que ça va être une course très très ouverte. Ce sera sûrement très intéressant."

Quel genre de coureurs composeront l'équipe de France ?
"Ce sera un peu le même genre de coureurs que j'avais l'an dernier à Madrid. Il y aura des coureurs du type Anthony Geslin, Jérôme Pineau, Samuel Dumoulin, peut-être Sébastien Hinault. Il y en a plein mais des gars qui passent un peu les bosses et qui vont vite au sprint. Pas forcément de vrais sprinters. Si en fin de saison nous avons quand même un sprinter qui est en grande forme, pourquoi pas le mettre. J'aimerais bien prendre le risque d'en sélectionner un quand même."

Avez-vous déjà pris contact avec des coureurs ?
"Des contacts, non, pas officiellement, parce qu'on est encore un peu loin des Championnats du Monde. J'ai expliqué à un grand nombre de coureurs comment était le parcours et je leur ai demandé un peu ce qu'ils comptaient faire en fin de saison. Evidemment, tous seront les bienvenus mais nous n'avons que neuf places. Pour l'heure, je n'ai pas de noms en tête, même si j'aimerais vraiment avoir Samuel Dumoulin. Il nous a montré l'an passé un super caractère. Il était remplaçant et il l'a pris bien comme il faut. Cette année, je l'ai vu faire des places sur le Dauphiné, et puis c'est un coureur qui me plaît parce qu'il passe bien les bosses et va très vite."

Un Français champion du monde en fin d'année, c'est possible ?
"Il ne faut jamais partir battu dans une course. Je dis toujours qu'on part pour gagner et on voit ce qui se passe. Il ne faut pas dire que c'est impossible, je ne dirai jamais ça. Nous avons deux jambes et deux bras, comme les autres, donc c'est possible ! Maintenant, je pense que des gars comme Tom Boonen et Robbie McEwen passeront bien les Championnats du Monde. Ce sont quand même des clients au sprint. Et face à Bonen, on l'a vu l'an dernier, des gars comme Anthony Geslin ne peuvent pas trop rivaliser. Mais il peut toujours se passer des choses. Il y a toujours des opportunités en course et on peut toujours en créer. Donc je pense qu'on peut être champions du monde, pourquoi pas. En tout cas je ne dis pas non !"

Comment jugez-vous la qualité du cyclisme français ?
"Ca fait un moment que tout le monde est dans la bonne direction en France. Et j'espère que dans quelques temps ils seront en avance sur les autres, c'est-à-dire qu'ils seront prêts à affronter de nouvelles règles. Tous les coureurs cyclistes français respectent les bonnes règles, les bonnes conduites. Et j'espère qu'ils seront bientôt récompensés de ces efforts qu'ils font maintenant depuis huit ans."

Quand retrouverons-nous un sprinter de votre trempe ?
"Je pense qu'il y en a. Pour moi, Jean-Patrick Nazon et Jimmy Casper sont des sprinters Français de cette trempe-là, malgré que maintenant, il va peut-être falloir attendre une nouvelle génération qui arrivera derrière celle-là. Il faut voir, attendre un peu. J'espère qu'au Tour, nous allons avoir de nouvelles surprises."

En tant que sélectionneur, quel va être votre programme d'ici aux Championnats du Monde ?
"Nous sommes déjà en train de réfléchir à la composition de l'équipe de France. Nous en saurons plus durant le Tour de France, et puis sur la fin de saison. Je dirais que nous commencerons à y voir plus clair au cours de la journée de repos du Tour de France. A partir de là, plus ça va aller, plus ça va chauffer. Mais on a quand même le temps. C'est fin septembre, il reste encore trois mois. Donc on ne s'empresse pas trop. Il y a des coureurs que j'espère avoir. Et après j'espère que nous aurons de bonnes surprises pour la fin de saison."

Sélectionneur de l'équipe de France, c'est une fonction qui vous plaît ?
"Ca me plaît beaucoup, mais c'est trop peu ! C'est peu parce que c'est vrai que j'ai pris goût à être directeur sportif. Je ne fais ça qu'une fois par an. Ca me plaît d'être avec un groupe de jeunes parce que j'aime les coureurs, je les admire. Les côtoyer, çà me plaît. Sélectionneur, c'est intéressant. La prise de contact avec les coureurs et les directeurs sportifs, c'est intéressant. Et sur la course, c'est encore plus intéressant !"

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